Angie

Juin 202012
 

Castillonnès, environ 1500 habitants

L’entrée du cinéma de mon enfance

C’est le dernier endroit où l’on imaginerait que se trouve un cinéma. Village ? Petite ville plutôt. Et pourtant, elle a le bonheur d’offrir une salle de projection cinématographique qui est née la même année que moi (ou presque). Car avant d’être un cinéma public en 1983, Ciné 4 aura servi de lieu de projection privée pendant quelques années. Imaginez un petit cinéma de campagne, qui permet aux petits comme aux grands de profiter du grand écran sans devoir se farcir 30km de voiture. Imaginez des tarifs qui restent encore de nos jours tout à fait concurrentiels. C’est le premier cinéma où j’ai mis les pieds.

 Je ne sais plus quel âge j’avais ni quel film (probablement un Disney connaissant ma mère) cela pouvait être. Par contre, j’ai des tas d’autres souvenirs dans ce cinéma. Mon premier cinéma. La première fois que je me suis vue refuser l’entrée d’un film. J’avais 11 ans et demi et c’était pour Entretien avec un vampire avec Brad Pitt. D’ailleurs, depuis, je ne l’ai toujours pas vu ce film. Il était interdit aux moins de 12 ans évidemment et dans une si petite ville, tout le monde connaît tout le monde.

C’est dans ce cinéma que j’ai vu mes premiers grands noms : Titanic (vous m’excuserez, j’étais adolescente, tout ça, ça restera un souvenir ému), Matrix, Jurassic Park ou encore un des films qui reste favori à mon coeur : Le cinquième élément. C’est d’ailleurs le premier film qui fut passé en version originale dans ce cinéma. Car l’affluence de britanniques retraités en Dordogne et dans les environs a créé un public et le cinéma se fait fort de pourvoir à la demande. Un jeudi par mois, des films seront alors proposés en anglais sous-titrés. Une aubaine quand les cinémas des grandes villes voisines ne proposent encore que la sacro sainte version Française. Une raison de plus aussi pour s’y rendre plus régulièrement.

Mais il y en a eu d’autres, des tas d’autres. Tous les films de mon adolescence. Je pourrais faire une liste interminable. Le cinéma, à cette époque là, c’était le beurre dans les épinards, le petit plaisir que l’on se permet une fois de temps en temps. Ça prenait presque des proportions religieuses, ça se savourait. On y allait aussi avec l’école. C’est comme ça que j’ai découvert Peau d’âne, Edouard aux mains d’argent, Microcosmos ou encore Le ballon d’or. J’avais l’impression qu’il n’y en avait jamais assez, j’en voulais toujours plus.

Et puis la petite madame qui passe avec son panier rempli de glaces, chocolats et autres friandises. Pas de pop-corn dans ce cinéma mais tout le reste. Quelle fut ma surprise/déception la première fois que je suis allée dans un autre cinéma. Il n’y donc pas toujours quelqu’un pour passer dans les rangées, à proposer des caramels ? Sans oublier que la salle est à 2 étages, avec un balcon. Se sentir privilégié d’être en hauteur. Il fallait parfois se battre pour avoir une place à l’étage. Y voyait-on mieux ? Je n’en suis pas si sure mais il y avait moins de places, c’est qu’elles étaient forcément mieux.

Avec Ciné 4 comme premier cinéma de son enfance, comment ne pas devenir cinéphile ?

Je n’y ai pas mis les pieds depuis des années. Je crois que le dernier film que j’y ai vu, c’est Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Je suis bien heureuse qu’il soit toujours debout, toujours vivant. Et j’espère avoir l’occasion d’y retourner voir un film un jour, par nostalgie mais aussi parce que toutes les salles du monde ne pourraient atteindre le plaisir que celle-ci me procure. Une petite salle sans prétention, avec une âme, gérée par des passionnés. Une acoustique fabuleuse, un écran juste ce qu’il faut de grand, des fauteuils confortables, une atmosphère agréable.

Un cinéma, somme toute, unique.

Pour en savoir plus sur ce petit cinéma de campagne : http://cine4castillonnes.free.fr/histoiredecine4/index.html

Juin 062012
 

Ça y est, je pars. Des semaines que j’attends ça, que tout le monde attend mon arrivée, que tous les signes sont là pour mon départ. Les collègues qui disent au-revoir, premiers prémisses de mon propre exode. Embrassades. Ah ça n’a pas été rose tous les jours mais le cœur est gros et les larmes sont lourdes. Ce n’est qu’un au-revoir. Non, c’est un adieu. On ne quitte pas le bout du monde pour y revenir.

Je ne voulais pas le voir ce départ. J’ai fait comme si. Comme si j’y croyais, comme si ça allait tout arranger. On part avec soi après tout. J’ai retardé l’heure de faire les cartons, le rendez-vous pour remettre les clés, j’ai tout repoussé. Avec de bonnes excuses. Elles sont toujours bonnes au final. Retrouver mes amis. Changer. Le challenge d’une nouvelle vie, une de plus à mon palmarès du déménagement. On croit que ça devient plus facile avec l’habitude, que tous les mauvais moments nous pousseront vers l’avenir. C’est faux, une illusion. C’est toujours aussi difficile, si ce n’est pire. Parce que l’on veut croire que cette fois, c’est la bonne. Mais je pars encore en exil, je ne suis pas arrivée que je sais déjà que je repartirais. Ou pas. Peut-être que cette fois, c’est la dernière. Dans 2 jours, on charge la voiture, toute ma vie part ailleurs. Je viens de descendre l’avant-dernier carton. Je n’arrive pas à descendre le dernier. Il est là, prêt. Il m’attend. J’ai envie de partir mais je n’y arrive pas.

Je suis rodée, je me suis arrangée pour ne pas avoir le choix.

Est-ce que je reviendrais ? Est-ce que tu reviendras ? Tous ces souvenirs qui sont ici. Les photos ne ramèneront jamais ce passé, cet avenir qui n’aura jamais lieu dans cette ville, dans ce pays, ces bribes de mémoire quand je me ballade de pièce en pièce. Et s’il n’aura pas lieu, autant partir, le chercher autre part. La maison est vide en dehors du tas de cartons dans le coin du salon mais je la revois emplie de rires, de disputes, de vie. Si courte fut elle. Je n’ai jamais su rester longtemps. Mon regard se promène et se brouille. Des regrets ? Peut-être. Des remords ? Sans aucun doute. N’est-ce pas une des raisons pour laquelle je pars ? Mais qu’importe. On ne vit ni dans le passé, ni dans l’avenir mais dans le présent.

Ça y est, je pars.

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Juin 052012
 

Projet de campagne pour l'utilisation du clignotant par Elodie Renon

Cela faisait des lustres que je n’avais pas pris le volant. Le choc routier a été violent. J’avais oublié que le clignotant orange n’était plus fourni en série sur les nouveaux modèles. Les constructeurs se sont vite rendus compte de l’inutilité de ce voyant qui fait clic-clic au milieu des déjà nombreuses loupiottes blanches et rouges au cul et au museau des voitures. Ajoutez à ça qu’à la place, de sympathiques options sont passées en série telles que le toit ouvrant, les melons air-bags passagère ou encore l’essui-glace qui s’enclenche tout seul. De toute façon, il ne sert à rien ce clignotant, c’est bien connu. Pourquoi signaler aux autres automobilistes que l’on ne va plus en ligne droite ? C’est absurde !

Prenons un exemple simple : le rond-point. C’est pas comme s’il y avait des tas de possibilités, c’est un rond, c’est facile non ? Indiquer que l’on prend une sortie c’est prendre le risque de voir une autre voiture rentrer dans le cercle, vous imaginez les bouchons ? C’est un circuit semi-fermé, avec places limitées. Après, ceux qui attendent pourraient avoir l’idée saugrenue de s’engager avec vous dans cette danse de voitures alors qu’ils sont si bien à l’arrêt attendant leur tour et parfois le laissant passer. Je vous le dis, le clignotant dans un carrefour, c’est dépassé !

Là où le clignotant est devenu le plus démodé, c’est encore sur autoroute. Parce que de toute façon, on va tout droit donc on ne tourne pas. Vous tournez vous quand vous dépassez un camion ? Moi non plus ! Je vais tout droit, le plus vite possible. S’il avance comme un escargot, c’est une évidence que vous allez vous déporter alors pourquoi signaler aux autres usagers une information qui coule de source ? On peut alors avec un plaisir certain déboiter sur la file de gauche, juste devant le nez narquois d’un joli bolide. Il prendra un plaisir certain à écrabouiller son frein pour vous coller au derrière. Il manifestera probablement son contentement d’un joyeux coup de klaxon, prouvant ainsi le bonheur qu’il aura eu à vous apporter son aide dans le dépassement de la tire qui commençait à vous gonfler. Et alors là où le clignotant devient carrément obsolète, ça reste quand même pour revenir sur la file de droite après votre magnifique dépassement en queue de poisson. Si vous vous êtes mis à gauche, c’est bien sûr pour revenir postérieurement sur la file de droite, c’est indubitable. Et c’est sans parler de l’introduction en voie de décélération, si vous êtes dessus, qu’une belle flèche blanche l’indique au sol en plus, c’est que vous la prenez et que vous tournez, non ?

Il existe encore de façon archaïque quelques moniteurs d’auto-école qui vous apprennent à mettre le clignotant pour dépasser un véhicule mal garé sur la voie mais cette pratique se perd dans la désuétude. La nouvelle réforme promet de s’adapter à la disparition progressive mais nécessaire du clignotant, qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir des vieux schnocks du précédent millénaire. Non, je vous le dis, le clignotant est une option vouée à s’éteindre dans les plus brefs délais, ne l’utilisez plus !

Mai 292012
 

Richard Bachman est connu pour son histoire de goéland. Que je n’ai pas lu. Plus j’avançai dans l’histoire de ce livre sur un messie récalcitrant, plus ses ressemblances avec les apprentissages de la Prophétie des Andes d’une part mais aussi avec la magie du Petit Prince de l’autre me pénétraient. Et pourtant, Illusions est un livre bien plus court, plus incisif, plus direct, plus mordant. Enfin, je ne compte pas vous parler de développement personnel mais de l’essence même de ce livre, d’où il tire son titre : les illusions.

C’est l’histoire d’un homme et de sa rencontre avec un messie qui ne souhaite pas l’être. Rien que l’idée qu’un messie puisse être récalcitrant est spéciale, presque dérangeante non ? Mais qu’est-ce qui définit un messie ? Un messie est un être qui est capable d’accomplir des miracles. C’est donc une sorte de magicien ou de sorcier, mais super puissant en quelque sorte.

Rien n’est miraculeux. Si l’on apprend ce que sait le magicien, il n’y a plus de magie.

Selon le messie de notre histoire, le truc dans notre monde, c’est que tout n’est qu’illusions. Nous vivons dans un monde où nous sommes auteurs, producteurs, acteurs, metteurs en scène. Nous sommes libres de croire ou non à la réalité que nous vivons. Et nos croyances sont profondément ancrées en nous.

Défends tes limites et il est certain qu’elles seront tiennes.

En d’autres termes, c’est parce que je sais que les objets n’apparaissent pas par l’opération du saint Esprit (oui hein, les sciences nous prouvent encore que c’est impossible), que je ne peux pas faire apparaitre un billet de 500 euros dans ma main là, de suite (ce qui serait beau quand même).

Là où cela devient intéressant, c’est si on applique tout ça à de l’occultisme et/ou de l’ésotérisme. Prenons l’exemple du Reïki. Si je sais que je peux soigner quelqu’un en manipulant des énergies, même si cette personne est sceptique, cela va fonctionner. Mais si je doute en mon aptitude à pratiquer une telle opération, parce que je ne suis pas convaincue d’avoir ce don, est bien cela restera inefficace.

Dans le livre, Don, le messie, explique que tous les humains aptes à se sentir assez libres pour accepter que tout est illusion, qu’il est possible de lâcher prise sur tout ce qui nous entoure, sont des messies. Parce que le Reïki, le magnétisme et toutes ces petites choses peuvent apparaître comme miraculeuses à des yeux non aguerris et crédules.

Si on inverse le raisonnement, on pourrait penser que ceux qui voient ou ressentent des esprits (avec des tables de ouija par exemple) sont ceux qui y croient, qui ont intégré cette illusion à leur film personnel, leur terrain de jeux. Ce qui expliquerait aussi que ces phénomènes ne se manifestent pas pour tout le monde.

Ce livre reste dans tous les cas une agréable lecture sur une vision du monde quelque peu différente.

Illusions – les aventures d’un messie récalcitrant de Richard Bach.

Avr 232012
 

La première fois que j’ai acheté des oeufs au marché, c’était aux Pays-Bas. Evidemment, il y avait des tas d’oeufs différents, avec des noms barbares, certains reconnaissables (genre groot, c’était gros et de fait, ils n’étaient pas petits), d’autres moins. C’est ainsi que j’ai rencontré les scharrelei. Comme le fermier ne parlait pas français, impossible de traduire, il m’a donc littéralement expliqué que ce sont des oeufs qui courent, en d’autres terme, papa poule et maman poule sont en liberté et se gambadent. Depuis, en Belgique, les fermiers me prennent pour une barjot quand je demande des oeufs qui courent.

S’en suit le fait qu’à mon bureau, en fait, il y a un jardin. Avec parfois des moutons dedans. Et souvent des poules. Je ne sais pas trop à qui ils sont mais ils aiment bien rester chez nous (ou aller se ballader à côté de l’autoroute aussi, fleurer bon le bon d’échappement). Mais pendant plus d’un an, papa poule et maman poule courent mais point d’oeufs courants. Jusqu’à il y a un mois ou 2 environs. J’ai assisté à un suicide d’oeuf qui court. Ou plutôt un meurtre non intentionnel. Maman poule a pondu sur le béton. Je vous laisse imaginer le drame, il y a encore les traces de blanc d’oeuf dans la cour arrière de mon boulot. (1) Tout cela m’a quelque peu secouée (de rires, même si ce n’était ni drôle pour maman poule, ni pour le petit-suicidé).

Et puis ? Et puis plus rien pendant plusieurs semaines. Il y a maintenant 3 semaines, j’ai découvert un matin, 2 oeufs pas loin du lieu du crime. Maman poule s’était fait un petit nid douillet en feuilles mortes et avait donc pu pondre sans crime passionnel. Ces oeufs qui courent sont certes petits et tous blancs à l’extérieur mais avec un gros jaune dedans (oui j’ai gouté, et oui ils sont bons). Et puis ? Et puis plus rien pendant 2 semaines. Et là, que vois-je ? 5 jolis oeufs. Je m’empresse de les ramasser (mon estomac a de bons souvenirs des derniers). Je me dis que c’est la nature, la vie, tout ça. Que c’est bon les oeufs, plein de protéines. Et ce matin, j’ai surpris une réunion au sommet près du nid. Maman poule, 2 de ses copines et papa poule semblaient perdus. Les oeufs ont disparu par l’opération du Saint Nordi. Ça caquetait en tout sens et dès que j’ai montré le bout de mon nez, ça s’est éparpillé de tous les côtés.

J’ai créé, sans le savoir, un drame familial sans poulailler : le mystère des oeufs qui courent !

(1) J’ai fait une photo avec mon gsm mais je n’ai jamais su la sortir de là, donc elle y est restée. Mais vous auriez pu réaliser l’ampleur du drame qui s’est déroulé à quelques mètres de mon pc de travail, depuis lequel je vous écris.

Avr 102012
 

C’est l’histoire de 2 hommes, dans un café. La scène pourrait presque faire penser au début de Reservoir Dogs. Ce court-métrage brésilien (?) présente ce que l’on pourrait appeler la conspiration de Tarantino. Car oui, selon l’un des 2, Tarantino avait (et a toujours ?) un plan dans la production et la réalisation de ses films. Il ne serait en fait question que d’un seul film… coupé en morceaux !

URL : http://www.youtube.com/watch?v=op4byt-DtsI

En résumé – GROS SPOILS sur la filmographie de Tarantino

La thèse sur le code de Tarantino commence dans Reservoir Dogs quand Mr Blonde remercie Joe pour son aide pendant qu’il était en prison. Seymour Scagnetti, son agent de probation. Sur tout le travail de Tarantino, il n’y a que 2 scénarios qu’il n’a pas dirigé : True Romance et Natural Born Killers. Dans ce dernier, un flic psychopathe tente d’arrêter les 2 héros de l’histoire. Jack Scagnetti. Le même que dans Reservoir Dogs (sauf que le prénom n’est pas le même mais soit).

Deuxièmement, dans la fin de Reservoir Dogs, Mr Pink se fait la malle avec la valise de bijoux volés. Pendant ce temps-là, dans Pulp Fiction, Travolta et L. Jackson vont chercher une valise dont le contenu est inconnu mais… celui-ci éclaire la tronche de Travolta quand il ouvre la fameuse valise… comme des tas de diamants.

Ensuite, toujours dans Reservoir Dogs, tous les personnages ont un surnom. Le vrai nom de Mr Blonde est Vic Vega, dans Pulp Fiction, le frère de Vincent Vega (joué par Travolta). Puis, Mr White, avant de faire partie du casse, était le partenaire d’Alabama, qui se marie avec Clarence dans True Romance.

La chauffeuse de taxi colombienne, dans Pulp Fiction, qui récupère Butch après son match de boxe, est la même que l’obsédée des meurtres dans Curdled que Tarantino a produit. C’est elle qui tue le Blue Blooded Killer. Elle a eu peur de se faire déporter et elle est devenue chauffeuse de taxi, c’est comme ça qu’on la retrouve dans Pulp Fiction. Dans Curdled, on voit une annonce de flics à la télé, qui recherchent Seth et Richard Gecko. Ceux-là même qu’on retrouve dans From Dusk till Dawn.

Quand on s’intéresse alors à Kill Bill, il ne faut pas perdre de vue qu’il savait qu’il ferait un film de combat. Si on se penche à nouveau sur True Romance, le film commence avec une scène de combat où Sonny Chiba joue, qui jouera aussi Hattori Hanzo dans Kill Bill. La fiancée, dans le volume un de Kill Bill, ira au Japon pour récupérer un sabre Hanzo pour faire la peau à tout le monde. Et c’est un Hanzo (le sabre de samurai) qui sauve Marsellus et ce qu’il reste de son cul dans Pulp Fiction. Mia Wallace et la fiancée ne sont en fait que la même personne, elle change de nom en fonction de quel personnage elle joue. D’ailleurs dans Pulp Fiction, Mia Wallace fait une série télé en tant qu’espionne spécialiste des couteaux. Comme dans Kill Bill !!!

Enfin, le shérif texan dans Kill Bill est aussi le même qui est tué par les frères Gecko dans From Dusk till Dawn.

Avr 042012
 

C’était il y a quelques années. Je rentrai dans ma première boutique Lush à Amsterdam. Un pote qui m’a emmené parce que « c’est trop bien tu verras, tu vas adorer ». Il ne pensait pas si bien dire… Premier contact, il me montre 2 ou 3 spécialités de la boutique dont le savon gelée et il m’offre une barre de massage aux paillettes. J’avoue, jusque là, j’ai pas de préférence pour une boutique ou une autre, la plupart du temps, je vais au supermarché pour acheter mes produits de beauté. Pourtant j’avoue, il a capté mon intérêt.

Quelques mois plus tard, shopping à Bruxelles avec des copines (ben oui hein, aux Pays-Bas, impossible de trouver de la lingerie qui ne ressemble pas à un truc de mémère, un vrai drame), quand tout à coup une enseigne Lush me fait de l’œil. Ni une, ni 2, j’entraîne tout le monde dans ce lieu de perdition. Alors c’est vrai, toutes les odeurs se mélangent mais c’est le paradis aussi. Ce jour-là, je craque pour un masque frais pour le visage au chocolat. Ben je peux vous dire que ça nettoie la peau super bien et que sentir le chocolat, ça déglingue.

Après ça, c’était trop tard, j’étais devenue une LUSH addict. Depuis, j’ai testé presque tous les produits disponibles en magasin. Tout n’est pas bon à prendre (ce serait trop beau) et effectivement, ce n’est pas donné (m’enfin ya rien de donné si on veut de la qualité). Leurs spécificités sont donc les masques frais mais aussi les shampoings secs (idéaux pour partir en vacances, ça sent bon, ça prend pas de place et ça passe en bagage à main) et les savons gelées. Ça, c’est surtout fun, ça s’utilise à température ambiante (imaginer se laver avec de la Jelly anglaise :p), sorti du frigo pour une sensation fraîcheur ou encore du congélateur pour un effet glaçon. Je vous laisse imaginer avec qui vous pouvez jouer à ça….

Sinon, dans mes produits favoris, ya les crèmes pour le corps, parce qu’elles sentent terriblement bons (caramel-banane, un vrai délice) et qu’elles ne collent pas (ça change la vie). Il y a aussi le masque pour les pieds, sisi, je vous jure. Il ne sent pas très bon (enfin faut aimer les clous de girofles) mais divinement agréable. Et la crème pour les pieds senteur menthe est très agréable aussi. Enfin, dernièrement j’ai testé les exfoliants au sucre anticellulite, idéal pour remplacer le gant de crin.

Donc voilà, chez moi, il n’y a plus que des pots noirs partout (j’avais même convaincu ma coloc. Forcément, qui pourrait résister ?).

Je suis une LUSH addict.

Mar 302012
 

J’ai longtemps cru que Karl von Terzaghi était néerlandais. Surement un cafouillage professoral mais sa nationalité importe peu au final. Bon il est autrichien, le voile est levé, il est surtout surnommé le père de la mécanique des sols.

Alors qu’est-ce donc que la mécanique des sols ?

Même si les sols regroupent tout ce qui est roche, sable, argile et autres joyeusetés présentes dans le sous-sol, Terzaghi s’est principalement penché sur l’étude des sols meubles et de leur comportement (leur mécanique en quelque sorte). Cela s’applique de façon récurrente en génie civil : calculs de tassement/effondrement (stabilité de ce qui se trouve sous nos pieds), calculs de consolidation, de fondation. En gros, si tu veux construire quelque chose (route, maison, immeuble), Terzaghi est ton maître incontesté (en tout cas, c’est le mien ^^)

Je suis très mauvaise en suspens. Si Terzaghi est mon héros c’est parce que toutes (ou presque) les théories qui l’ont suivi sont basés sur SA principale découverte, SA formule, si simple pourtant…

σ’=σ-u

 C’est joli les lettres grecques, vous ne trouvez pas ? Mais ça ne vous dit rien ? Ah bon ?

Je ne vais pas vous faire un cours complet de mécanique des sols, piller le net, très peu pour moi (je préfère piller mon crâne… cette remarque est valable pour la vie de Terzaghi, Wikipédia est votre ami).

M’enfin je vais quand même vous expliquer ce que ce postulat signifie et en quoi il est primordial/magique/fantastique (j’en ai fait des rêves la nuit quand on me l’a présenté la première fois ). Le premier terme dans l’équation concerne la contrainte effective. En termes vulgaires (et faussés donc…) c’est le poids, la force, le contrainte donc qui s’effectue réellement sur notre sol. De l’autre côté de l’équation, nous avons la contrainte totale (un bâtiment, un bulldozer, 50 mètres de couches géologiques, etc…) diminuée de la pression de l’eau. Le point de vue révolutionnaire à l’époque a été d’inclure l’eau et de réaliser son importance dans un calcul de contraintes. L’eau est partout et son impact est TRES important.

D’un point de vue pratique, quels sont les impacts d’une telle découverte ?

Je vais seulement vous exposer les impacts les plus atroces que je connaisse (comme ça, ça marquera les esprits ^^) : les polders néerlandais. Et bien oui, dans un sol grossièrement stable (un bon vieux roc de granit ou de calcaire) ou un sol où l’eau ne « bouge » pas, et bien votre sol ne sera que faiblement concerné par notre ami Terzaghi. Par contre si vous prenez un sol lambda néerlandais (de la tourbe bien molle, un peu de marne et de limon, ajoutez quelques couches d’argiles au milieu et posez le tout sur du sable), une variation ne serait-ce que d’un demi mètre de la colonne d’eau que vous n’auriez pas prévu et patatra, votre immeuble de 20 étages se retrouve par terre (j’exagère un peu mais on en est pas loin). D’autant plus que pour un pays sous le niveau de la mer, des variations du niveau de la nappe phréatique, ce n’est pas un phénomène isolé mais plutôt fréquent.

Un autre exemple ? Une route construite avec un joli talus, un fossé et tout le tralala (une route donc). Si elle n’a pas été correctement dimensionnée en tenant compte du principe de Terzaghi (et tous ses dérivés surtout, et il y en a une pelletée), elle s’enfonce, se craquelle et tout le talus finit sur la chaussée. Je vous assure que ce n’est pas du plus bel effet .

Bon et depuis 1920, personne n’a rien eu à reprocher à ce postulat en tout cas.

Mar 212012
 

J’aime les métaphores, les images pour représenter la vie. Elle est parfois si compliquée… C’est peut-être pour cela qu’une seule n’est pas suffisante. J’ai envie de vous présenter celle que j’utilise pour me représenter la notion de développement personnel : le cube.

Pour ceux qui auraient vu le film, l’image est aisée à se représenter. Pour les autres, il suffit de considérer le développement personnel tel un immense cube composé de milliers de pièces. Une personne au bout de son propre développement personnel (si tant que cet aboutissment soit réalisable) a visité toutes les pièces, les connaît sans hésitation, en a assimilé tous les recoins. Soyons honnêtes et réalistes, presque personne n’en est là, on a toujours quelque chose à apprendre. Et quand bien même on aurait déjà visité une pièce, l’assimiler dans sa totalité n’est pas si évident et la vie se joue parfois de nous, nous offrant l’illusion que le concept ou la notion offerte à notre apprentissage est intégré. Parfois, cela n’est malheureusement que temporaire, il est souvent nécessaire de revisiter des pièces déjà connues. D’ailleurs la seconde visite semble en général plus facile car nous naviguons dans du (re)connu.

Toutes les pièces peuvent être considérées comme communes. Je vous avoue que là, ne les ayant personnellement pas encore toutes visitées, je ne saurais vous dire avec certitude. Par contre, il est évident qu’il y a des pièces qui se ressemblent d’un individu à un autre. Sauf qu’il faut bien garder à l’esprit qu’il n’y a pas un unique chemin pour atteindre et parcourir une pièce, il y en a des tas. De cela, la conclusion que nous avons tous des pièces visitées et d’autres pas et personne n’a les mêmes. Quand on rencontre quelqu’un qui a exploré une pièce (voire plusieurs) que l’on a également eu le plaisir de découvrir, il arrive souvent un phénomène de reconnaissance, on se sent proche de cet autre individu, même si l’assimilation ne s’est pas faite de la même manière. Mais le concept est intégré pour les 2, d’où la reconnaissance. De là, une nouvelle conclusion. Qui peut se targuer de connaître mieux que soi ce qu’il faut dire ou faire ? Personne. Toi là-bas, oui toi, tu as peut-être visité des pièces différentes des miennes et tu penses mieux savoir que moi. Oui, c’est certain…. Mais seulement au sujet de cette pièce-ci mais moi je connais les autres aussi.

De ceci naît le partage. En effet, la découverte de chaque pièce ne peut se faire que par l’individu seul. Dans le cas contraire (où il est trop guidé, poussé vers la notion), il aura vu la pièce mais n’en aura rien retenu. Ce n’est pas lui rendre service. La seule chose que vous puissiez faire, en tant que connaisseur de ladite pièce, c’est lui montrer la porte voire parfois lui allumer la lumière. Tout le reste n’est qu’une perte de temps et d’énergie. Pour vous… et pour lui. Je sais, c’est difficile d’observer quelqu’un galérer avec sa pièce sans l’aider, le pousser. Je ne vous surprendrais pas si je vous dis qu’il existe certainement une pièce pour cet apprentissage là ^^ Et puis, ouvrir une porte, allumer la lumière, c’est déjà énorme car sans cela, il faut vraiment bien explorer la pièce pour découvrir où sont les prochaines portes.

Que manque-t-il à savoir ? Chaque personne a son propre rythme de visite et d’exploration. Certains y vont comme des tornades, rentre dans la pièce, la traverse, vont à la prochaine, n’ont presque rien retenu et doivent indubitablement y retourner un jour ou l’autre. D’autres prennent leur temps, ça peut être agaçant mais c’est comme ça. Il existe des pièces clés sans lesquelles d’autres pièces ne sont pas accessibles. Au final, ça ne change rien car les pièces inaccessibles nous sont inconnues, on n’a pas l’impression de louper quoi que ce soit ^^

Voilà pour l’image. Où en suis-je dans tout ça ? Personnellement j’entends… J’ai visité des tas de pièces en coup de vent, notamment des pièces clés. On peut dire que je suis en conscience de ces pièces mais je ne les assimile pas. Parfois par choix (c’est trop duuuuuuuuuur !!! Enfin, ça c’est mon mental qui me le dit), parfois parce qu’il faut faire le choix d’aller de l’avant. J’ai eu la chance d’avoir de nombreuses pièces indiquées au cours de mon éducation, souvent même éclairées. Et ces coïncidences m’arrivent encore fréquemment. Une porte m’est ouverte quand j’en ai besoin.

Mar 152012
 

Voilà, la France s’est faite poutrer par les anglais.

Cette année, j’ai presque réussi à voir tous les matchs. C’est déjà plus simple parce qu’aux Pays-Bas, fallait non seulement avoir une télé mais aussi la BBC. Autant aller au pub irlandais boire de la Guinness donc (1). Non, là j’ai eu le choix entre faire chier les motards en taxant leur télé (2) pour mater la télé française ou le pub irlandais (3) avec la BBC. Impossible de savoir quels commentateurs est le plus désolant, les 2 côtés de la Manche feraient mieux de se taire parfois.

Je ne vais pas faire comme si j’étais une professionnelle du balon ovale, après tout, je n’ai pas joué longtemps. Mais passionnée, c’est certain (4). Je pars d’office tous les ans dans l’idée que les italiens et les écossais vont perdre. Bon, je ne me suis pas plantée mais quand même, les écossais ont plusieurs fois mérités de gagner parce qu’ils nous ont montré du sacré beau jeu ! Les italiens un peu aussi. Mais donc les écossais ont bien commencé, contre des anglais bien agressifs pour changer (non, en fait, ça c’est une donnée constante de ce tournoi, avec leur jeu insupportable au pied… quoique Dimanche dernier, ils ont brillé par leurs 3 essais contre les français, du grand art). Les écossais, sur leurs 3 matchs auraient mérité d’en gagner au moins un (contre les anglais, mais c’est un choix personnel tout à fait arbitraire). Espérons pour eux qu’ils vaincront contre les italiens (sinon, ce serait vraiment honteux tout de même).

Les favoris cette année, ce sont les gallois et au vu de leur jeu, c’est amplement mérité. Très bonne défense, attaque souple et fluide, ligne diagonale esthétique et donc efficace. Pas comme les anglais où c’est limite volé. En étant jusque ce qu’il faut chauvine, je mettrai les gallois grand gagnant, les irlandais bon second, les français un peu à la ramasse derrière et enfin les anglais (parce que ce sont les anglais, ils ne méritent pas, par principe, d’être dans les 3 premiers). Samedi, les français vont se faire atomiser par les gallois (et ce ne sont pas les changements d’équipe de dernière minute qui les aideront, bien que Yachvili a bien plus de mérite que… bah zut, impossible de me souvenir du nom de l’abruti qui n’a pas su taper dans la balle contre les anglais, d’ailleurs heureusement que Lionel Beauxis était là) et je compte sur les irlandais (en plus c’est la saint-Patrick, ça devrait encore plus les motiver) pour remettre les anglais à leur place.

C’est assez drôle, tous les ans, de faire découvrir cet univers à des néophytes. Inlassablement, on me demande quand/si les All Blacks vont jouer. Pour un tournoi européen, ça me semble un peu difficile. Faut dire qu’ils sont plus connus que les autres nations remarquables du rugby. Pourtant les australiens et les sud-africains se défendent tout aussi bien si ce n’est mieux. Les VI nations, ça reste pour moi un tournoi agréable à suivre, avec des équipes de niveaux équivalent, ce qui donne du jeu, permet de crier ses tripes tout en alimentant son foie de Guinness. Et puis j’aime convaincre la gente féminine qu’un match de rugby, c’est l’occasion de se rincer l’œil avec grand plaisir. Surtout si on aime les armoires à glace.

Le seul bémol cette année, c’est qu’en effet, depuis la dernière coupe du monde qui a eu lieu en France, le public des bleus est devenu footeux. Jamais je n’avais entendu un public huer un arbitre au rugby avant ça et je trouve cette nouvelle tendance affligeante. Si j’aime le rugby, c’est avant tout parce que c’est un sport de respect (bon aussi parce que c’est un sport de contact mais soit). Un arbitre a toujours raison, même quand il a tort et on le respecte quelle que soit sa décision. On aura pu voir d’ailleurs lors du match France-Angleterre un carton jaune disciplinaire contre un anglais qui s’est un peu trop emballé. J’espère que ça ne durera pas et qu’on reviendra bientôt à ce qui fait la beauté du rugby.

Le football est un sport de gentlemen joué par des brutes, le rugby est un sport de brutes joué par des gentlemen.

(1)   Ou du cidre. Mais la Guinness se marie mieux à la saveur du rugby.

(2)   Beuglant devant serait peut-être plus adapté comme expression.

(3)   Oui parce que la Guinness, c’est bon au pub, de préférence irlandais, de préférence en Irlande.

(4)   Et pas seulement par les postérieurs de ces messieurs, ça ce n’était qu’au début, quand j’ai commencé à suivre les tournois divers et variés en 1999.