Août 292012
 

Il est 5h30. Pourquoi suis-je réveillée ? Je ne me suis pas couchée si tôt que je puisse être déjà les yeux ouverts à cette heure là.

BIP

Ce serait pas l’alarme incendie qui fait encore des siennes ? Non, c’est pas possible, elle a craché tout ce qu’elle avait hier matin déjà. Elle ne peut pas me faire le coup tous les jours. Hier, elle….

BIP

Bon, ok, c’est l’alarme incendie donc… Je croyais qu’elle avait enfin rendue l’âme hier vers 7h30. Retournons donc à hier matin. Hier, elle a commencé à me réveiller vers 6h30 ou 7h. Un seul bip. J’ai mis déjà un moment à trouver d’où ce satané bip venait. Puis je suis montée sur un escabeau pour faire face à la bête. Celle-ci me regardait narquoisement et égrenait son bip régulier. Rien à voir avec un vrai hululement de ya le feu. De toute façon, il faut se rendre à l’évidence, il n’y a pas une once de flammes ou de fumée dans mon appartement. J’ai la tête dans le cul et je regarde hébétée la boite blanche au mur.

Tout à coup, mon œil est attiré par une phrase Turn left to open. Bon ben on va l’ouvrir alors. Je tente de tourner, de toutes mes forces encore quelque peu assoupies. Je glisse. Torchon. C’est l’antique combat du pot de confiture. Sauf que les pots de confiture ne font pas de bips stridents à 7h du matin. Rien à faire. Ya rien qui tourne. Je suis dépitée. Et le bip insiste ; elle a peur que je l’oublie peut-être ?

 BIP

Tiens. Une autre inscription autour de l’espèce de bouton rouge qui clignote. Push for the weekly test. Ah. Personne ne m’a dit qu’il fallait faire un test hebdomadaire du monstre. C’est peut-être pour ça qu’il n’est pas content. Je n’ai pas le temps de me dire que ça fait plus d’une semaine que j’habite là et qu’il n’y a aucune raison que ça se déclenche juste maintenant. J’appuie sur le bouton. L’alarme se déclenche. Pauvres voisins. Je ne sais pas s’ils sont réveillés mais moi ça y est c’est fait. Avec les oreilles à 2cm de l’animal. Le bip reprend. C’était pas ça. Bon. Café. Ça sert à rien d’insister, je ne sais pas quoi en faire de ce truc.

Tandis que je sirote le breuvage chaud et que les bips intempestifs rythment mon environnement, je commence à chercher sur la toile qu’est-ce qu’elle a. Je découvre rapidement la source du problème : madame a soif d’énergie et a peur de manquer de piles. Bon. Ben rien de dramatique, quand ce sera vide, elle va se calmer toute seule et moi, je vais filer au boulot avant d’être encore plus en retard. Elle pourra biper tout ce qu’elle veut pendant mon absence.

7h30. Elle s’est arrêtée. Je ne réalise pas au début puis l’idée fait son chemin petit à petit dans mon cerveau. Bon ben elle est vide, hallelujah. Fin du soucis. J’essaierai de lui trouver une pile mais pas maintenant. Je file.

BIP

Donc aujourd’hui, elle a recommencé. Et bien plus tôt. J’ai sommeil bordel. Je me plante devant la chose. Qui bipe. Je tire un peu dessus. J’avoue que je manque cruellement de patience quand je vois l’heure qui s’affiche à mon réveil et la lune qui se reflète dans mon salon. Et puis, elle n’avait plus de pile hier, elle n’a plus de pile aujourd’hui, qu’est-ce qui m’attend demain ? Je tire un peu plus dessus. On dirait que ça vient.

BIP

C’était le bip de trop. Je tire comme une sauvage sur l’alarme. Si je la pète, tant pis. J’en rachèterai une s’il faut mais elle DOIT se taire. Elle vient, se décroche petit à petit du mur. Je vois la pile qui reste accrochée au mur comme un vestige de notre bataille matinale. Cela m’a pris à peine 2 secondes. Je jubile, je la tourne dans tous les sens, vérifie bien qu’il n’y a pas une pile cachée ni rien, que c’est enfin fini, que je vais enfin pourvoir dormir.

BIP

Non ! Non, elle n’a pas pu biper, j’ai dû rêver. Elle n’a plus de pile, elle ne peut que se taire ! Rien à faire, je vais l’enfouir sous un tas de fringues, au fin fond d’un placard, elle pourra biper tout ce qu’elle veut, je ne l’entendrai plus et c’est tout ce qui compte.

Elle expire un dernier bip faiblard puis se tait. Le silence englobe la pièce. Je souris malgré moi. C’est fini. Plus d’alarme incendie.

Juin 052012
 

Projet de campagne pour l'utilisation du clignotant par Elodie Renon

Cela faisait des lustres que je n’avais pas pris le volant. Le choc routier a été violent. J’avais oublié que le clignotant orange n’était plus fourni en série sur les nouveaux modèles. Les constructeurs se sont vite rendus compte de l’inutilité de ce voyant qui fait clic-clic au milieu des déjà nombreuses loupiottes blanches et rouges au cul et au museau des voitures. Ajoutez à ça qu’à la place, de sympathiques options sont passées en série telles que le toit ouvrant, les melons air-bags passagère ou encore l’essui-glace qui s’enclenche tout seul. De toute façon, il ne sert à rien ce clignotant, c’est bien connu. Pourquoi signaler aux autres automobilistes que l’on ne va plus en ligne droite ? C’est absurde !

Prenons un exemple simple : le rond-point. C’est pas comme s’il y avait des tas de possibilités, c’est un rond, c’est facile non ? Indiquer que l’on prend une sortie c’est prendre le risque de voir une autre voiture rentrer dans le cercle, vous imaginez les bouchons ? C’est un circuit semi-fermé, avec places limitées. Après, ceux qui attendent pourraient avoir l’idée saugrenue de s’engager avec vous dans cette danse de voitures alors qu’ils sont si bien à l’arrêt attendant leur tour et parfois le laissant passer. Je vous le dis, le clignotant dans un carrefour, c’est dépassé !

Là où le clignotant est devenu le plus démodé, c’est encore sur autoroute. Parce que de toute façon, on va tout droit donc on ne tourne pas. Vous tournez vous quand vous dépassez un camion ? Moi non plus ! Je vais tout droit, le plus vite possible. S’il avance comme un escargot, c’est une évidence que vous allez vous déporter alors pourquoi signaler aux autres usagers une information qui coule de source ? On peut alors avec un plaisir certain déboiter sur la file de gauche, juste devant le nez narquois d’un joli bolide. Il prendra un plaisir certain à écrabouiller son frein pour vous coller au derrière. Il manifestera probablement son contentement d’un joyeux coup de klaxon, prouvant ainsi le bonheur qu’il aura eu à vous apporter son aide dans le dépassement de la tire qui commençait à vous gonfler. Et alors là où le clignotant devient carrément obsolète, ça reste quand même pour revenir sur la file de droite après votre magnifique dépassement en queue de poisson. Si vous vous êtes mis à gauche, c’est bien sûr pour revenir postérieurement sur la file de droite, c’est indubitable. Et c’est sans parler de l’introduction en voie de décélération, si vous êtes dessus, qu’une belle flèche blanche l’indique au sol en plus, c’est que vous la prenez et que vous tournez, non ?

Il existe encore de façon archaïque quelques moniteurs d’auto-école qui vous apprennent à mettre le clignotant pour dépasser un véhicule mal garé sur la voie mais cette pratique se perd dans la désuétude. La nouvelle réforme promet de s’adapter à la disparition progressive mais nécessaire du clignotant, qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir des vieux schnocks du précédent millénaire. Non, je vous le dis, le clignotant est une option vouée à s’éteindre dans les plus brefs délais, ne l’utilisez plus !

Avr 232012
 

La première fois que j’ai acheté des oeufs au marché, c’était aux Pays-Bas. Evidemment, il y avait des tas d’oeufs différents, avec des noms barbares, certains reconnaissables (genre groot, c’était gros et de fait, ils n’étaient pas petits), d’autres moins. C’est ainsi que j’ai rencontré les scharrelei. Comme le fermier ne parlait pas français, impossible de traduire, il m’a donc littéralement expliqué que ce sont des oeufs qui courent, en d’autres terme, papa poule et maman poule sont en liberté et se gambadent. Depuis, en Belgique, les fermiers me prennent pour une barjot quand je demande des oeufs qui courent.

S’en suit le fait qu’à mon bureau, en fait, il y a un jardin. Avec parfois des moutons dedans. Et souvent des poules. Je ne sais pas trop à qui ils sont mais ils aiment bien rester chez nous (ou aller se ballader à côté de l’autoroute aussi, fleurer bon le bon d’échappement). Mais pendant plus d’un an, papa poule et maman poule courent mais point d’oeufs courants. Jusqu’à il y a un mois ou 2 environs. J’ai assisté à un suicide d’oeuf qui court. Ou plutôt un meurtre non intentionnel. Maman poule a pondu sur le béton. Je vous laisse imaginer le drame, il y a encore les traces de blanc d’oeuf dans la cour arrière de mon boulot. (1) Tout cela m’a quelque peu secouée (de rires, même si ce n’était ni drôle pour maman poule, ni pour le petit-suicidé).

Et puis ? Et puis plus rien pendant plusieurs semaines. Il y a maintenant 3 semaines, j’ai découvert un matin, 2 oeufs pas loin du lieu du crime. Maman poule s’était fait un petit nid douillet en feuilles mortes et avait donc pu pondre sans crime passionnel. Ces oeufs qui courent sont certes petits et tous blancs à l’extérieur mais avec un gros jaune dedans (oui j’ai gouté, et oui ils sont bons). Et puis ? Et puis plus rien pendant 2 semaines. Et là, que vois-je ? 5 jolis oeufs. Je m’empresse de les ramasser (mon estomac a de bons souvenirs des derniers). Je me dis que c’est la nature, la vie, tout ça. Que c’est bon les oeufs, plein de protéines. Et ce matin, j’ai surpris une réunion au sommet près du nid. Maman poule, 2 de ses copines et papa poule semblaient perdus. Les oeufs ont disparu par l’opération du Saint Nordi. Ça caquetait en tout sens et dès que j’ai montré le bout de mon nez, ça s’est éparpillé de tous les côtés.

J’ai créé, sans le savoir, un drame familial sans poulailler : le mystère des oeufs qui courent !

(1) J’ai fait une photo avec mon gsm mais je n’ai jamais su la sortir de là, donc elle y est restée. Mais vous auriez pu réaliser l’ampleur du drame qui s’est déroulé à quelques mètres de mon pc de travail, depuis lequel je vous écris.

Mar 022012
 


Avant-propos : le sujet ici, bien que je sache que certains en mourront d’envie, n’est pas de savoir si c’est mal ou bien de fumer. Prenons tout de même comme un fait établi que les fumeurs fument et que malgré toutes les interdictions de la Terre, ce n’est pas prêt de s’arrêter. Je veux bien vous concéder que c’est mal si ça vous chante mais je vous serais gré d’y prendre comme une évidence : il y a des fumeurs !

Avant d’entamer ce débat, je vais me permettre un certain nombre d’observations, picorées au gré de mes vagabondages sur cette vaste planète. La première, c’est celle qui m’a inspiré cette propa : le quai de gare. Et bien oui. Il n’est pas toujours évident que l’on puisse fumer sur un quai de gare mais le témoin qui garantit que cela se peut (en dehors de l’absence de panneaux d’interdiction), c’est la quantité de mégots qui décorent le sol avec un mauvais goût certain. Alors soit, on pourrait interdire de fumer sur les quais de gare (c’est le cas dans la plupart des quais fermés… enfin sauf à Anvers), mais cela reviendrait à reporter le débat au devant des gares (la première qui me viennent à l’esprit, c’est la gare du Nord à Paris, qui est également jonchée devant son entrée principale, de petits tubes orangés). Aux Pays-Bas, il n’y a pas ce problème, les fumeurs sont parqués sur le quai autour d’une borne fumeur qui fait guise de cendrier et au sein d’un cercle d’environ 3 mètres de rayon, tracé en jaune au sol. Certaines gare poussent le vice un peu plus loin et remplace l’espèce de piquet par une sorte de bouche d’égout spécialement dédiée aux encrasseurs de poumons.

Ma seconde observation date un peu et me vient de Pologne, de Cracovie plus exactement. Dans cette magnifique ville, pas un seul mégot au sol. Pourquoi ? Et bien c’est simple, toutes les poubelles sont pourvues d’un cendrier à part, collé à la poubelle, qui permet d’écraser son mégot et de le jeter sans risquer d’enflammer ladite poubelle. Les polonais sont de sacrés fumeurs, j’en ai rarement vu autant dans les rues, qui elles, pourtant, sont propres et exemptes de ces minis détritus.

Venons-en au débat. C’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf me souffle-t-on à l’oreille. J’avoue, je suis fumeuse, mais tous ces dépotoirs à mégots que sont devenus nos trottoirs me répugnent. Je suis donc POUR la mise en place systématique de cendriers partout, que ce soit dans les rues, sur les quais de gare, devant les supermarchés (ah, là, il y en a déjà). Pourquoi pas sur les poubelles dans la rue ? Tri sélectif : papier, canettes, mégots, autres.

Mais me direz-vous, n’est-ce pas de l’incitation ? Proposer des cendriers n’est-il pas contre la politique anti-tabac dont on nous bassine les oreilles et les yeux sur tous les médias possibles et imaginables ? S’il y a des cendriers, c’est qu’on peut fumer. Les fumeurs ne devraient-ils pas se sentir harcelés à tout bout de champs et ne se sentir en droit de fumer leur tige que chez eux (1), à l’abri de la horde de non-fumeurs qui souhaiterait une planète sans tabac ? Et donc pas besoin de cendriers et pas d’incitation !

Je me dis qu’on pourrait avoir un juste milieu. Ok, on ne peut plus fumer dans les lieux publics et le prix du paquet de clopes augmente chaque jour mais qu’on nous mette des cendriers à disposition, pour ne pas polluer le sol de l’espace public non plus.

(1) Soit dit en passant, je connais pas mal de fumeurs qui ne fument pas dans leur maison, moi y compris. Bénis soient les parapluies sur les terrasses pour griller ses 5 minutes de nicotine avec le café du matin !