Fév 172012
 

J’ai pris une claque hier soir et pas une petite. Vous allez me dire que dénigrer le cinéma français comme je m’apprête à le faire, c’est indigne, c’est honteux mais j’assume. Pour moi, les français sont bons en comédie… Et c’est tout !

J’ai regardé Banlieue 13 comme on regarde un film à l’arrach’, sans même prendre la peine de regarder le trailer ou de regarder la note sur imdb. Maintenant, j’y suis allée, je peux vous donner les grandes lignes. Le film est sorti en 2004, avec Cyril Rafaelli et David Belle chez les gentils, sans oublier la ravissante Dany Verrissimo.

David Belle, vous ne le connaissez peut-être mais vous loupez quelque chose. D’abord il est craquant, ensuite, il est surtout connu comme l’inventeur d’une discipline qui s’appelle Parkour. En gros, ça consiste à se servir du décor naturel pour se mouvoir. Matrix, à côté, c’est du pipi de chat, parce que c’est assisté par ordinateur (et que dans la fiction du film, on est dans la matrice, rappelez-vous). Non, là, c’est bel et bien du réel. Quand on regarde leur façon de se mouvoir dans le film, on dirait presque une danse parfaitement orchestrée, dont la fluidité est bluffante. C’est à cause du parkour que j’ai pris ma plus grosse claque. Yamakasi est un film du genre (sauf que Yamakasi, j’ai jamais réussi à accrocher dessus… avec que Banlieue 13… oui !). Mais revenons au film, parce que les seules acrobaties ne peuvent expliquer mon enthousiasme.

Paris, 2010

Devant la montée incontournable de la criminalité dans certaines banlieues, le gouvernement autorise la construction autour des cités classées à haut risque.

La première image est forte. Un rat. Seul. On l’entend fouiner avant de le voir. Un trou. Unique. Et une inscription toute simple Date de sécurisation : Oct 2010. A ce point là du film, mon esprit ne veut toujours pas admettre l’impensable. Ils l’ont fait. Pas seulement dans les paroles ou la façon de parler de la banlieue, mais dans les actes. Ils ont construit un mur autour des départements 92 et 93 autour de Paris. C’est tellement énorme, c’est tellement inhumain, anticonstitutionnel, que je n’arrive pas à intégrer l’information. Plusieurs fois dans le film, il sera fait une comparaison qui fait peur. Ça vous dit quelque chose vous ? Des gens, parqués, interdits de sortir ? Moi, oui, malheureusement. Et c’est ça en partie que ce film dénonce et qui le rend si fort. Que se passerait-il si la peur et la haine de l’autre passait de nouveau dans un gouvernement ? Est-ce que cette solution en est réellement une quand on a tout essayé ? N’y-a-t-il pas toujours quelque chose à sauver ? Que deviennent alors les concepts d’égalité, liberté, fraternité ?

On s’éloigne du mur par l’extérieur et on entre dans la cité. Petite visite guidée dans ce qui n’est pas loin de ressembler à nos cités actuelles. Du moins, c’est le souvenir qu’elles m’ont laissée la seule fois où j’ai mis les pieds dans une banlieue, à Toulouse, quand j’avais 9 ans. On se balade à un rythme effréné dans cet îlot coupé de tout que le gouvernement français a créé. Et finalement, on arrive à destination : chez Leito. Leito, c’est une savonnette. Personne ne sait l’attraper. Il sait se faufiler dans tous les espaces à sa disposition, il saute, il vole, il danse je vous disais. Il semble parfait, réglo, un vrai bon pti gars. Il n’aura fait qu’un erreur : ne pas vouloir laisser le chef de gang Taha jouer à sa guise dans la banlieue 13. Oh, il est réaliste Leito, il veut bien le laisser faire mumuse. Il voudrait juste que son immeuble soit laissé en paix. Mais personne ne dit à Taha ce qu’il peut faire ou pas. Taha, c’est le roi.

Je n’ai pas envie d’aller plus loin, pas envie de vous raconter comment et pourquoi il rencontre Damien, ce flic qui n’avait jamais mis les pieds dans la banlieue 13. Ce flic avec une âme de curé. Je n’ai pas non plus envie de vous parler de Lola, la sœur de Leito. Qui paiera cher le prix d’avoir un tel frère. Je préfère vous laisser vous faire charmer par les danses de ces 2 lascars, par le caractère de cette tigresse, par cette histoire, somme toute, très clichée et digne de tous les block-busters américains. Et c’est là où j’en reviens au début de mon histoire. Que des français aient su faire un film de ce niveau-là, ça m’en bouche un coin. Ce n’est pas une comédie, et pourtant, c’est un petit bijou.

PS : il parait qu’il y a eu une suite mais je ne l’ai pas encore vu.

  3 Responses to “Banlieue 13”

  1. Ah, intéressant de te voir parler de ce film.
    Au départ je me brusque: quoi les français bons que dans la comédie? Mais non que diable!! Le vrai talent du cinéma français c’est le policier! Le fantastique! les deux ensemble!

    Et du coup j’aime bien ton analyse de ce film. Un film simple qui était là pour mettre en avant le Parkour, mais qui finalement surprend bien gentiment par les images qu’il véhicule en trame de fond en effet.

    Bon la suite elle est tout à fait facultative par contre.

  2. Oui, plusieurs personnes m’ont également signalé que la suite euh… bof ?

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