Fév 102012
 

Je me targue d’avoir une ouverture d’esprit large. Bien large. Mais de récentes discussions avec un public soi-disant ouvert d’esprit me fait me poser un certain nombre de questions. Où s’arrête-t-elle ? Peut-on se considérer libre et totalement ouvert d’esprit quand certains sujets sensibles propres à chacun sont abordés ? Ai-je moi-même ces sujets sensibles et alors que sont-ils ? Quels sont mes tabous ?
Et j’ai beau chercher, je n’en trouve pas. Oh, je ne doute pas qu’il y en ait, on a tous nos bêtes noires, celles pour qui il est impossible d’accepter que d’autres puissent fonctionner autrement. Ce n’est pas tant une histoire de jardin secret, on l’a tous. Mais plutôt d’arriver à concevoir que même si ce que soi, on fait, fonctionne, ce que d’autres font puisse fonctionner aussi. Personne ne part avec les mêmes bagages et donc la solution la plus mainstream n’est pas toujours la meilleure. Il y en a d’autres. Adaptées ou non à la situation ou oserai-je même dire à la conjecture.

Dans tous les cas, il me semble prématuré de s’avancer ouvert d’esprit, au sens large du terme, quand on bloque sur certaines ouvertures chez les autres. Fumer, c’est mal, c’est mauvais pour l’entourage, pour ses enfants, pour le portefeuille. Pourtant certains vivent très bien en fumant toute leur vie. Loin de moi l’idée d’en faire une apologie, je conçois juste que ce qui est faux pour moi puisse être vrai pour d’autres. Le principal, dans tout ça, c’est de faire ses choix et de les assumer. Si ça dérape, on prend la situation en main et on agit en adulte : on gère la situation.

Je crois que c’est là que s’arrête mon ouverture d’esprit : tant qu’on reste responsable, je respecte toutes les décisions prises par d’autres que moi (et les miennes aussi).

 Posted by at 14:56

  4 Responses to “Où s’arrête l’ouverture d’esprit ?”

  1. En ce qui me concerne , l’ouverture d’esprit ne s’adresse pas à une divergence d’idées , de croyances ou de fonctionnements qui seraient quelque part tous enfermés dans le bocal de notre matérialité physique , intellectuelle et également émotionnelle . Elle serait , à ce moment là , réduite à nos débats dans lesquels nous nous débattrions pour exister parmi les autres – une histoire animale de territoire , camouflée derrière une dimension qui se voudrait plus évoluée que cela .
    L’ouverture d’esprit va plus loin à l’instant où la conscience nous enseigne que nous ne savons finalement pas grand-chose , voire rien du tout ; et ce simple constat , bien dérangeant pour nombre d’entre nous , est probablement la première ouverture de notre esprit qui se voit enfin révéler que la « chose  » est immense et que nous n’avons guère le loisir de nous essouffler avec nos anciennes querelles qui tournent en rond sur elles-mêmes et qui ne nous offrent que la possibilité de nous délecter de pseudos victoires sur les autres . Tout cela peut être approfondi pour que nous découvrions les limites de ce petit univers de la réflexion et de la position de chacun .Les boudhistes appellent cette vision étroite de la réalité  » le samsara  » dans lequel règne l’illusion , source de toutes les croyances les plus incroyables , et absolument impossibles dans l’absolu . Et pourtant si puissant , au point de tous nous gouverner dans la plus totale ignorance de ce que nous sommes potentiellement en énergie vivante , énergie destinée à s’unir tels les atomes d’une molécule complexe pour libérer sa création .

  2. Il me semble que peu de gens se qualifieraient spontanément de « fermés d’esprit », à partir de là je pense qu’on n’est pas bon juge pour s’évaluer soi-même sur ce genre de chose, et qu’il vaut donc mieux s’abstenir.
    Sans que ça empêche de se questionner dessus bien sûr, mais il faut garder à l’esprit que pour toutes les qualités qui ont trait à l’intellect l’auto-évaluation ça marche moyennement à mon avis.

  3. Attends que je vois si je comprends bien où tu veux en venir :p
    – il est impossible de se qualifier comme « fermés d’esprit » ; et pourtant, sciemment, je le fais dans ce post et bien pire que ça, j’en suis convaincue. Par contre, c’est un fait, c’est une démarche qui n’est pas répandue.
    – Se poser des questions sur le sujet peut être intéressant si on n’oublie pas que cela reste fort subjectif car cette auto-évaluation touche à des qualités/sujets ayant trait à l’intellect, c’est-à-dire ce que justement on est en train de faire. L’argument me plaît mais au quel cas j’irai plus loin, toute auto-évaluation quelle qu’elle soit est fortement subjective et reste sujette à remise en question permanente à moins d’obtenir un ou plusieurs avis extérieurs à ce sujet. On peut dans ce cas envisager de voir un professionnel ou un tiers, quel qu’il soit.

  4. oui c’est ce que je voulais dire, évaluer son intellect en utilisant son intellect pour le faire ça n’a pas grand sens donc il faut s’en remettre à des personnes extérieures pour ce genre de chose, ou au moins à des critères objectifs assez stricts.
    Dans le même genre, j’avais vu je sais plus où qu’une grande majorité des gens se considéraient plus intelligents que la moyenne… quelque soit le chiffre exact la question en elle même fait réfléchir je trouve.

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